Si de prime abord, la réponse à cette question semble simple et avoir déjà été abordé assez régulièrement depuis la sortie du film (Gunnm a été publié aux États-Unis en 1990 par Kodonsha US sous le nom de Battle Alita Angel dans un format colorisé qui a d’ailleurs inspiré la première édition française), il serait dommage de s’arrêter à ce simple fait de traduction !

Un peu d’explications concernant le titre original pour s’échauffer les neurones ! Gunnm dans sa traduction littérale du japonais est une juxtaposition des termes Arme (銃 ici lu « Gan » soit la prononciation japonaise du mot « Gun ») et Rêve (夢 qui se lit « Mu »). Nous obtenons donc « Gan-Mu » pour le titre original qui pourrait donc se traduire de deux manières différentes : « L’arme qui rêve » ou « Le rêve d’une arme ». Un titre suffisamment cryptique pour que chaque lecteur puisse se forger sa propre opinion fondée sur son ressentit du manga !

La France : Contradictions & Traductions

Durant notre émission thématique consacrée à Alita : Battle Angel, nous trouvions pertinent de faire remarquer que la France était l’un des deux seuls pays ou Gunnm est publié sous son titre original. Exception française oblige, il n’y a qu’en France et au Japon que nous connaissons notre célèbre Gally sous ce nom. Alors pourquoi ? Dans notre cher et beau pays ou la traduction des titres équivaut sensiblement à une gloire nationale, et où il semble pertinent pour certains distributeurs de traduire le titre d’un film comme « The Hangover » par « Very Bad Trip ». Pourquoi n’avons-nous pas eu le droit à un film « Gunnm » ? On y répond ainsi en partie dans la 5e de Couv’ :

 

Mais Il va falloir plonger dans les sombres méandres économiques de l’exploitation de licences afin de découvrir les véritables raisons de cette traduction qui semble si barbare pour nos sensibles oreilles de lecteurs français ! L’exploitation du manga à l’international utilise Battle Alita Angel comme titre, il aurait donc dû logiquement sortir sous ce nom dans sa version cinématographique. Sauf que si le producteur James Cameron qui a acquis les droits audiovisuels de la licence il y a plus de 20 ans maintenant à décider de modifier le titre de la saga, c’est évidemment afin d’en faire une nouvelle licence exploitable par ses propres soins !

En bon producteur aguerri qu’il est, Cameron en lançant sa saga à grande échelle sous un nouveau titre s’est octroyé le droit de ne pas s’encombrer d’ayants droits parfois trop regardants sur l’exploitation de leurs œuvres. Ainsi il fait donc de Alita : Battle Angel une toute nouvelle licence pour laquelle il aura les pleins pouvoirs quant à l’utilisation de la saga à des fins commerciales de types produits dérivés, etc… (C’est aussi pour cette raison que vous pouvez trouver l’adaptation en roman de Alita : Battle Angel chez Pika édition et non chez Glenat, l’éditeur historique de la saga !)

Un réalisateur AAA 

Saupoudrez le tout d’une croyance populaire mais tenace qui fait de James Cameron un homme superstitieux qui a décidé depuis de nombreuses années que toutes ses productions ne commenceraient que par les lettres A ou T (Avatar, Titanic, Terminator, etc,…) et vous obtiendrez enfin les raisons pour lesquelles quand vous irez acheter votre place de cinéma, c’est bien le titre Alita : Battle Angel que vous verrez imprimé sur votre ticket ! (Et enfin voir une larme perlée sur le coin de votre œil en repensant au doux nom sous lequel vous avez découvert cette œuvre mythique !)